Les premières conclusions de l’enquête sur le tragique accident du vol 171 d’Air India révèlent des moments glaçants, filmés dans le cockpit quelques secondes après le décollage. Selon une transcription fuitée de l’enregistreur vocal du poste de pilotage (CVR), les derniers mots du copilote étaient un avertissement désespéré : « On perd de la poussée ! » Ces mots se sont produits seulement 18 secondes après le décollage, soulignant la rapidité avec laquelle la situation s’est détériorée.
Le Boeing 787-8 Dreamliner s’est écrasé peu après son départ d’Ahmedabad, tuant les 241 personnes à bord et 19 personnes au sol. Cet accident est le premier accident mortel impliquant un Boeing 787 au monde.
Que s’est-il passé dans le cockpit ?
Selon un rapport préliminaire du Bureau indien d’enquête sur les accidents d’aviation (AAIB), l’équipage a subi une perte soudaine de poussée du moteur presque immédiatement après le décollage. L’avertissement urgent du copilote a été suivi d’une période de confusion dans le cockpit, les deux pilotes tentant de résoudre la situation d’urgence.
Les enquêteurs ont confirmé que les interrupteurs de commande de carburant des deux moteurs étaient en position « coupure ». Ces interrupteurs contrôlaient le débit de carburant vers les moteurs et, en position « coupure », ils auraient entraîné une perte de puissance des moteurs.
Les pilotes ont-ils accidentellement arrêté les moteurs ?
Les enquêteurs cherchent à déterminer si les interrupteurs de coupure de carburant ont été actionnés intentionnellement, accidentellement, ou si une défaillance technique a déclenché l’arrêt. Le rapport de l’AAIB souligne que ces interrupteurs sont protégés par des dispositifs de sécurité et nécessitent une action délibérée pour être actionnés. Aucune preuve de sabotage n’a été trouvée.
Le Boeing 787 est équipé de plusieurs alertes conçues pour prévenir les pilotes de problèmes de moteur et de carburant. L’enquête se concentrera sur les raisons pour lesquelles ces alertes n’ont pas empêché le crash.
Les dernières actions du capitaine
Le CVR a également enregistré la réaction du commandant de bord à ce qu’il voyait sur les écrans de vol et les systèmes d’alerte. Des sources proches de l’enregistrement indiquent que la voix du commandant de bord s’est élevée, alarmée, s’interrogeant sur ce qui se passait. Ses derniers mots enregistrés sont encore en cours d’analyse par les enquêteurs.
La rapidité des événements a laissé peu de temps à l’équipage pour se rétablir. L’avion n’a atteint qu’une altitude maximale d’environ 106 mètres avant de s’écraser.
Conclusions préliminaires
Le premier rapport de l’AAIB met en évidence ces principales conclusions :
Les deux moteurs ont perdu leur poussée en raison d’une coupure de carburant peu après le décollage.
Aucun facteur externe tel que la météo, les impacts d’oiseaux ou le sabotage n’a été constaté.
L’équipage n’a pas signalé de problèmes mécaniques antérieurs avec les moteurs.
La séquence de crash s’est produite dans les 30 secondes suivant le décollage.
Les enquêteurs travaillent avec Boeing pour déterminer si un dysfonctionnement électrique ou logiciel aurait pu provoquer l’activation des interrupteurs de coupure de carburant.
Réponse de l’industrie et de la réglementation
Suite aux conclusions préliminaires, la Direction générale de l’aviation civile indienne (DGCA) a ordonné des inspections préventives de tous les Boeing 787 opérant en Inde pour s’assurer que les interrupteurs de contrôle du carburant fonctionnent correctement et que la formation de l’équipage couvre de telles urgences.
Boeing a publié une déclaration exprimant ses condoléances et s’engageant à coopérer pleinement avec l’enquête.
Cet accident a incité les autorités internationales de l’aviation, notamment la Federal Aviation Administration (FAA) américaine et l’Agence européenne de la sécurité aérienne (AESA), à suivre de près l’enquête.
Le coût humain
Le crash du vol Air India 171 est l’un des plus meurtriers de l’histoire de l’aviation indienne. Parmi les passagers figuraient des familles en vacances d’été et plusieurs ressortissants étrangers. Les opérations de recherche et d’identification des victimes sont en cours, et des cérémonies commémoratives sont prévues dans toute l’Inde.
Que se passe-t-il ensuite ?
Le rapport final, attendu dans un délai de six à neuf mois, visera à répondre à la question de savoir si :
Une erreur de pilotage ou une mauvaise communication a provoqué la coupure de carburant.
Un dysfonctionnement du système a joué un rôle dans la perte de poussée.
La conception du système de contrôle du carburant de Boeing répond aux normes de sécurité modernes.
Jusqu’à présent, les régulateurs indiens et internationaux n’ont pas immobilisé le Boeing 787 mais surveilleront attentivement l’évolution de la situation.
Cet accident souligne à quel point même les avions modernes et hautement automatisés sont vulnérables aux pannes rapides et le rôle crucial de la formation du cockpit dans la gestion de telles urgences.